
Brest accueille la troisième édition de Safer Seas. Que représente pour vous cette manifestation ?
Je me réjouis que Brest organise pour la troisième fois ce grand événement maritime international. En 2002, nous avions lancé Safer Seas en réaction à une catastrophe maritime de grande ampleur, celle de l’Erika. En 2007, nous nous sommes penchés sur la croissance impressionnante du transport maritime. Cette année, nous allons nous intéresser à de nombreux thèmes, de la piraterie au navire du futur, du transport d’hydrocarbures aux nouvelles routes maritimes. Safer Seas a su élargir ses thématiques sans perdre sa cohérence. En matière de sécurité maritime, Brest est ainsi passée d’une réaction défensive, face à de graves dommages pour son littoral, à une position volontaire et responsable. Autour de l’action de l’Etat en Mer, nous avons fait de la sécurité maritime un levier, reconnu au niveau européen et international, avec l’action de nombreux organismes implantés sur notre territoire comme le Cedre, l’Ifremer, le Pôle Mer Bretagne… Safer Seas est ainsi une manifestation à caractère unique : elle est portée par une communauté territoriale qui joue un rôle de fer de lance de la gouvernance maritime.
Brest est à la pointe d’une grande région maritime, la Bretagne, et, en quelque sorte, la vigie de l’Europe. Notre territoire est le premier site océanographique européen : en nombre de chercheurs, en qualité d’équipements et en rayonnement scientifique, nous sommes au coude à coude avec les plus grandes métropoles maritimes internationales. Dans le grand chambardement de la mondialisation, nous affichons ainsi une forte originalité et une vocation maritime très importante. A l’occasion d’un événement comme Safer Seas, nous offrons toutes les compétences : juridiques, scientifiques, technologiques… Peu de métropoles maritimes disposent de ce croisement d’expertises autour de l’innovation et des métiers de haut niveau sur tous les enjeux marins. La France est la deuxième nation maritime au monde et Brest a un rôle économique et scientifique essentiel à jouer dans les années qui viennent.
A l’heure de la mondialisation, la sécurité maritime est un enjeu essentiel pour les Etats mais aussi pour les territoires. En quelques années, de grands progrès ont été réalisés. La sécurité maritime, ce n’est pas seulement le sauvetage en mer ou la lutte contre la pollution. Nous sommes aujourd’hui passés de l’ère de la réparation à l’ère de la prévention. Le paquet Erika 3 va dans le bon sens, mais je pense qu’il faut être encore plus ambitieux. La politique de la mer nécessite différents niveaux de gouvernance. Au-delà du rôle indispensable de la communauté internationale, de l’Union Européenne et des Etats, une stratégie à l’échelle d’un bassin maritime tel que l’Atlantique est nécessaire. Brest dispose de tous les atouts et de tous les outils pour y jouer un rôle majeur.
Quels sont les projets d’avenir pour Brest dans le domaine maritime ?
En quoi la mer constitue-t-elle un enjeu majeur pour Brest ?